C'est étrange comme les choses s'effacent de ma mémoire. Je suis tombé ce soir sur des lettres-journal. J'ai l'impression d'un écrit irréel. Comme d'une autre vie. D'un autre temps.
04/05/1999
Tendre Maï,
Lorsque je travaillais encore en usine et qu'on à mis sous ma responsabilité officieuse deux femmes pour que je les forme, les gens de mon atelier étaient toujours étonné les jours où l'on ne m'entendait pas. Il y a même eu des périodes où j'ai mis une tel ambiance euphorique que j'ai était presque étonnée lorsque mon chef m'a confié plus de responsabilités. Et lors de discutions, quand je confier que j'étais en vérité quelqu'un de timide, mon entourage riait, refusant même le concept de timidité dans ma personnalité.
Lorsque quelques mois auparavant j'étais seule dans un hangard, contrôlant, assise sur une boite, des tubes par millier, les techniciens de maintenance venaient toujours me voir pour parler technique et machine. Des cadres eux-mêmes s'y sont mis plus tard au refectoire. Mon ancien chef venait me voir, moi, simple ouvrière qualité, pour savoir s'il devait arrêter les machines pour les régler. À la fin, moi et mes deux collègues étions charger de faire la liaison entre l'atelier machine et les commandes de produit bruts suivant l'urgence de la demande client. Ça devenait grotesque, d'autant plus qu'ils refusaient de nous faire des contacts alors qu'ils en faisaient à la plupart des intérims.
Dans l'atelier d'orzy, c'était bien souvent moi qu'on venait chercher pour expliquer telle manipulation sur PC, tel programme, parce qu'ils préféraient mes explications à celle des "grosses-têtes".
Pourtant, malgré tout ça, je me vois dans ma vie, privé et affective, comme quelqu'un sans paroles, sans assurance. Moi qui est un métier d'analyste dont personne ne conteste mes compétences, je suis incapable d'analyser se qui me touche personnellement. Moi qui étais responsable de groupe, dirigeant les débats pour trouver des solutions plausibles, je suis devant toi, qui a la place la plus importante dans mon c½ur et ma vie, comme quelqu'un sans paroles, sans réaction logiques.
Evidement, je veux en comprendre la cause. Evidement, je veux y remédier. Je n'ai aucune envie de te perdre. Être celle qui te fait mal par mon manque de paroles, ou celle blessantes sous le coup de la panique, m'est insupportable. Je veux plus que tout au monde trouver la clef qui brise ce mur en moi. Pourquoi suis-je si sûr de moi dans le domaine professionnel, et si peu assurée dans le domaine privé? Je trouverai cette clef, quitte à tout détruire de mes fondements pour mieux rebâtir"
Un an plus tard, cette clef se dressée face à moi, comme une évidence. Tu étais la cause de mon manque de confiance. Tu étais la cause de mon mal être. Comment est ce possible de confondre à ce point la possession et l'asservissement avec l'amour.